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François payent neuf deniers tournois ii l'embal­leur, à toutes lesquelles marchandises les ambal-leurs, au prouffict desquelz vient ce tribut, n'y mectent point la main. Nota, que l'Angloix n'est au­cunement tenu à toutes ces charges.
"Item, pour le moien d'ung subside que les An-gloix ont inventé à prendre sur les François, est faict ung grand tort aux subjectz du Roy, lequel subside ilz appellent licence, car plusieurs mar­chandises, comme charbon, cuyr, suif, beurre, fromage, bières, cendres, vieulx souliers et aultres choses ne peuvent estre transportées d'Angleterre sans payer ce droict de licence, ce qui ne vient point au proffict de la Royne d'Angleterre, mais de quel­ques particulliers qui obtiennent ce droict d'elle par importunité ; avec lesquelz il fault que avec force argent les subjectz du Roy composent, car sur les cendres, oultre la coustume qui est v solz, un deniers pour chascun laist, et le scavaige, il y a encores pour la licence xlii solz, vi deniers; sur Ies vieux soulliers, oultre la coustume qui est de xxi solz, m deniers sur tonneau, et le scavaige, il y a pour la licence cinq escus soleil pour chascun tonneau.
"Item, est aussi deffendu de n'emporter hors dud. royaulme d'Angleterre draps non prestz et non parez sans licence ; d'où il advient que quelques ungs, ayans obtenu de lad. dame ce droict de licence, le vendent à certains Angloix, ou bien, ceulx, quand bon leur semble, transporleut et mectent hors lesd, pieces, ou bien survendent lad. licence au double ou triple de ce qu'ilz l'ont achaptée, à aussi hault pris que bon leur semble.
"Item, le marchant Anglois,bourgeois de Londres, a ce previllege que, quand it a achepté de la mar­chandise d'un marchant François ou autre, et a in-tencion de faire banequeroute, quand il est saisy des biens et marchandises, il se peult retirer dedans sa maison en une chambre ou salle fermante par devers luy en sa bouticque mesmes, pourveu que l'huis ou simple barriere soyt fermé avec ung loc-quet, et que de la rue le sergent ne le puisse toucher de sa masse, et ne le peult-on inquiéter ne demander aucun payement pour lesd, mar­chandises, ne mesmes l'appréhender ne s'adresser à sa personne, nonobstant que le pauvre François ainsi destruict et ruyné voye en la bouclique led. Anglois banequeroutier, sa femme, fateurs et servi-
DE PARIS.                                                    469
teurs, lesquelz sont vendans publicquement lesd, marchandises devant le François mesmes qui les aura vendues, et desquelles ilz recevront l'argent, sans que icellui François puisse faire arrest sur lesd, deniers, marchandises ne autres biens meubles ou immeubles; et si d'aventure led. Anglois baneque­routier est appréhendé hors dc sa maison et con­stitué prisonnier, il y a une certaine prison parti-culliere pour lesd, bourgeois banequeroutiers, où ilz ont liberté et permission d'aller, chascun pour faire leurs affaires, par toute la ville à leur volunté, pre­nans ung servileur de lad. prison, pour le sallaire duquel ilz baillent au geôllier ung gros par jour, et ce pendant ne sc pcult-on. adresser à leurs biens, ne mesmes aux marchandises vendues.
"Item, à tous les portz d'Angleterre Ies François, à l'arrivée ou à la sortie d'Angleterre, sont tenuz de payer chascun ung gros pour teste; et à Douvre, oultre ce droict dc cappitalion, exigez trois gros pour le demy passage, qu'ilz appellent ung gros pour le cherierl1', ct ung gros pour ung petit basteau, encores quc le plus souvent il ne serve de rien, de sorte que ung François prenant terre av Douvre, ou s'embarquant à Douvre, fault qu'il paye pour tous ces droictz dix sept solz tournois, et ne peuvent les subjectz- du Roy sortans d'Angleterre emporter somme d'argent qui excede trois livres sterlin, qui font dix escuz soleil.
" Item, les Angloix-ne soulloient anciennement, ne encores au jourd'huy, ne paient pour tonneau de vin que xxv solz tournois, et les François en ont payé, y a desjà plusieurs années, xln solz-., -vi deniers, oultre le droict de scavaige, et durant le regne de Ia Royne Marie, oultre lesd. xln> sol?/, vi. deniers, fut im­posé sur lesd. Fcançois huict nobles sur chascun tonneau de vin, qui revient à neuf escus soleil et v solz, nu deniers, de façon qu'elle prend sur chascun tonneau dix escus soleil, qui est somme si grande qu'elle monte souvent plus que l'achapt principal du vin, et porte dommage aux subjectz du Roy de plus de cent mil escus par an. Et est à noter que tous les aultres vins, sont de Rhin, d'Allemaigne, vin sec ou aultre d'Espaigne, Malvoisie ou Mus­cade!, d'Ytalie et de tous aultres endroictz, sont exemptz de lad. charge.
"Item, sont griefvez de nouveau les subjectz du Roy, et empeschez en leurs libériez et traficques en plusieurs articles des responces dernierement faictes
Cherier, en anglais carrier, signifie voiturier, roulier, messager.